Moi qui ne cours plus, j'ai pourtant envie d'en dire deux mots puisque comme le font remarquer nos lecteurs, le seul qui restait actif sur le blog (Jérome) est ces temps ci legerement defaillant.

Tout ça pour delivrer plusieurs messages d'importance :

- Premierement, Jérome, il est désormais de ton devoir, en attendant mon retour probable et pépère sur le circuit, de continuer à entretenir la flamme;
- Deuxiemement, pour moi qui suis privé de course à pieds jusqu'en septembre a priori, je dis et je répète que vous ne mesurez pas votre bonheur, vous qui pouvez chausser vos baskets, et aller courir, fractionner, transpirer une heure à la premiere occasion;
- Troisiemement, au fil du temps, j'ai fait sur la course à pied un travail d'introspection. Et je tiens à vous le faire partager puisqu'il fait partie de mon expérience de runner. En fait, lorsque j'ai du stopper mes activités de coureur à pied, j'ai comme chacun a pu le lire, beaucoup souffert. Je pense que le manque etait evidemment physique dans un premier temps, puis mental dans un second temps. Mais après plusieurs mois d'arret, le manque physique s'estompe logiquement, et mon corps s'habitue à ne plus courir. Pourtant, je constate que la douleur (ça rigole pas mais bon) est toujours aussi presente et que la course me manque toujours autant. Pourquoi, me direz vous ? Voilà une grosse, grosse question. Je crois tenir, après de longues reflexions, un début de réponse. Quand j'ai commencé à courir, j'ai mis dans cette activité qui n'est pas anodine (elle éprouve le coeur, les muscles et l'esprit) un certain nombre de choses. Ce que je veux dire, c'est que la course, ce n'est pas qu'une activité physique. C'est bien plus que cela. Pour moi, courir, c'etait valoriser mon surmoi (la classe d'employer un tel terme dans un blog de runner...), autrement dit cultiver mon sentiment d'invincibilité. J'avais besoin, après avoir renoncé au destin historique que je n'aurai finalement jamais, de retrouver une part d'idéal et de perfection. Et c'est dans la course à pied que tout ça est venu se loger. J'ai décris à de nombreuses reprises, et je suis pas le seul, les sentiments jubilatoires qui accompagnent une belle course, une belle seance de fractionné, une belle epreuve. J'ai décris cet instant de grace que chacun éprouve en franchissant la ligne. Bref, j'ai mis dans la course à pied beaucoup de ce Davis révé, infatigable (physiquement et mentalement). Et grace à ça, j'ai atteint le bonheur supreme du runner. Et puis, je me suis cassé la gueule. Et j'ai eu, fort logiquement, très mal. J'ai cru, après mon deuxieme incident cardiaque (à 35 ans) que je m'en relèverai jamais. Et bien, comme dans la course, ce "retour au calme" s'avere constructif et peut etre meme dynamique. Et comme dans la course, je commence à croire que le negative split m'attend et que l'avenir sera meilleur que le passé.


Tout cela pour conclure en disant que la course, c'est la vie, que la vie est belle et donc que la course est belle. Encore une fois, vive la course à pied, vive les runners, et vive nos lecteurs.