JogBlog: carnet d'entrainements et récits de courses.

Objectif 2007: Marathon de Paris

mardi 29 mai 2007

Quelques principes d'entrainements à toutes fins utiles

Au cours des dernières années, j'ai eu l'occasion de tester pas mal de formules d'entrainement, certaines assez exotiques mais aucunes complétement satisfaisantes. J'ai donc fini par me forcer à me poser les questions existentielles de base "où cours-je? dans quel état j'erre?" etc... et là surprise ! en respectant quelques principes qui me semblent simples et logiques, mes chronos ont baissés comme par magie et j'ai pu passer certaines séances qui me mettaient au tapis auparavant.

Je vous livre telles quelles mes réflexions en espérant que vous y trouverez 2 ou 3 trucs utiles.

Tout d'abord, je distingue 2 types de phases dans la saison:

  • La phase de foncier où on s'entraine sans objectifs précis, juste se faire plaisir
  • La phase de préparation à un ou plusieurs objectifs avec un super-mega-plan-de-la-mort-qui-tue dégotté dans le mensuel du coin

Pour rendre ces phases efficaces, je me tiens aux principes suivants:

  1. La phase de foncier a pour but de progresser en s'amusant et d'être capable d'encaisser les préparations spécifiques
  2. La phase de préparation spécifique a pour but d'arriver le jour J au sommet de sa forme (mais pas de progresser !)

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dimanche 27 mai 2007

Suis-je de retour ?

Ce blog c'est comme le marathon, il faut tenir pour que ca devienne interessant. Alors je tiens.
Après l'effort qu'a représenté pour moi le Marathon de Paris j'ai éprouvé le besoin de faire un break total. Je me suis autorisé 1 mois sans course à pied et je dois avouer que ce n'était pas difficile du tout. J'ai bien sûr eu l'impression de prendre 1kg par jour, de devenir une loque et de perdre les petites facultés physiques que l'entrainement de cet hiver m'avait donné. Mais cela ne me deseperait pas plus que ça.
J'avais bien sûr des vraies douleurs physiques qui m'ont empeché de reprendre la course mais bizzarement au bout de 2 semaines elles étaient déja parties. Alors pourquoi ?
Un peu de manque de motivation je l'avoue, l'impression d'avoir beaucoup donné et d'avoir encore raté mon marathon. Je ne refais pas l'histoire, je suis toujours content d'avoir fini mais un sentiment de "tout ça pour ça" est revenu titillé une motivation en baisse.
J'ai repris la course il y a 2 semaines, porté par Davis. Lui à vélo et moi en courant. Ca m'a fait plaisir. La course en elle-même c'est mieux passée que je ne l'aurais cru. Une petite sortie de 50' à petite allure mais l'important était ailleurs. Puis j'y suis retourné. Deux fois cette semaine. Et ce matin, le déclic. Alors que pour des raisons d'emploi du temps je devais aller courir seul, j'avais pris la décision de faire sauter cette sortie. Pas de motivation. Puis petit à petit au cours de cette matinée, l'envie est revenue. J'avais besoin de courir. Me vider la tête. Avoir du temps pour moi. Savoir si j'étais capable de me surpasser.
Donc je suis sorti courir et ca m'a fait du bien.
Suis-je de retour ? l'avenir nous le dira mais je l'espère.

vendredi 25 mai 2007

Je me présente, je m'appelle Henry... euh Philippe

Avec la sublissime chanson du regretté Daniel Balavoine en tête, je lance une première salve d'une série de billets sur ... devinez quoi? la course à pied.

Bonjour à tous,

Mon premier article sur jogblog sera une brêve présentation de mon parcours et de mon actualité d'avaleur de bitûme. Je remercie Jêrome pour sa sympathique invitation à contribuer à la vie de ce blog et espère vous faire partager ma passion de l'ultra qui reste encore (et j'espère pour pas trop longtemps) une discipline confidentielle en France.

Je m'appelle donc Philippe, j'ai 34 ans, je vis en bordure de la forêt de Saint-Germain, je suis pêre de 2 enfants et marié à une personne TRES compréhensive (car c'est pas évident de s'entendre dire: "chérie, on regarde un film en amoureux ce soir?" - "euh... non, je dois aller bouffer du kilomètre pour respecter ma moyenne hebdomadaire"... vous voyez le genre...).

J'ai commencé (il y a 15 ans) par le parcours classique: "tiens je suis capable de courir 5 km, génial !" puis "tiens j'ai terminé une course de 10km, je suis vraiment un cador!" puis "wouah, un semi, je ne serai jamais capable de faire plus, trop crevant !" puis "le marathon est vraiment une épreuve de fou, mais qu'est-ce que ça fait du bien quand ça s'arrête !" et puis...

Bon, je vous détaille pas la suite mais petit à petit j'ai exploré les sentiers brumeux des courses nature de plus de 42,195 km, puis des 100 km, puis des ultra-trail (comme l'UTMB ou la diagonale des fous) et finalement des épreuves de 24h (également joliment appelée épreuves circadiennes).

Avec le recul, je dirai que 2 motivations peuvent être à l'origine d'un tel cheminement:

  • L'amour fou de la course à pied (et des sensations que cela procure) qui amène à revenir sans cesse sur le mêtier (comme un musicien qui travaille inlassablement ses gammes pour progresser)
  • La recherche du petit picôtement caractéristique qui précéde le départ d'une course avec la grande question existentielle " mais qu'est ce que je fous là ???" et le bonheur du dépassement de soi à l'arrivée

Bon je vais terminer ce premier billet pour vous promettre des compte-rendus complets de mes prochaines courses: les 100km de Millau fin septembre et les 24h d'Aulnat en octobre, et un suivi de ma préparation d'ici là.

Sportivement, Philippe.

mercredi 23 mai 2007

Analyse. Une fois n'est pas coutume.

Moi qui ne cours plus, j'ai pourtant envie d'en dire deux mots puisque comme le font remarquer nos lecteurs, le seul qui restait actif sur le blog (Jérome) est ces temps ci legerement defaillant.

Tout ça pour delivrer plusieurs messages d'importance :

- Premierement, Jérome, il est désormais de ton devoir, en attendant mon retour probable et pépère sur le circuit, de continuer à entretenir la flamme;
- Deuxiemement, pour moi qui suis privé de course à pieds jusqu'en septembre a priori, je dis et je répète que vous ne mesurez pas votre bonheur, vous qui pouvez chausser vos baskets, et aller courir, fractionner, transpirer une heure à la premiere occasion;
- Troisiemement, au fil du temps, j'ai fait sur la course à pied un travail d'introspection. Et je tiens à vous le faire partager puisqu'il fait partie de mon expérience de runner. En fait, lorsque j'ai du stopper mes activités de coureur à pied, j'ai comme chacun a pu le lire, beaucoup souffert. Je pense que le manque etait evidemment physique dans un premier temps, puis mental dans un second temps. Mais après plusieurs mois d'arret, le manque physique s'estompe logiquement, et mon corps s'habitue à ne plus courir. Pourtant, je constate que la douleur (ça rigole pas mais bon) est toujours aussi presente et que la course me manque toujours autant. Pourquoi, me direz vous ? Voilà une grosse, grosse question. Je crois tenir, après de longues reflexions, un début de réponse. Quand j'ai commencé à courir, j'ai mis dans cette activité qui n'est pas anodine (elle éprouve le coeur, les muscles et l'esprit) un certain nombre de choses. Ce que je veux dire, c'est que la course, ce n'est pas qu'une activité physique. C'est bien plus que cela. Pour moi, courir, c'etait valoriser mon surmoi (la classe d'employer un tel terme dans un blog de runner...), autrement dit cultiver mon sentiment d'invincibilité. J'avais besoin, après avoir renoncé au destin historique que je n'aurai finalement jamais, de retrouver une part d'idéal et de perfection. Et c'est dans la course à pied que tout ça est venu se loger. J'ai décris à de nombreuses reprises, et je suis pas le seul, les sentiments jubilatoires qui accompagnent une belle course, une belle seance de fractionné, une belle epreuve. J'ai décris cet instant de grace que chacun éprouve en franchissant la ligne. Bref, j'ai mis dans la course à pied beaucoup de ce Davis révé, infatigable (physiquement et mentalement). Et grace à ça, j'ai atteint le bonheur supreme du runner. Et puis, je me suis cassé la gueule. Et j'ai eu, fort logiquement, très mal. J'ai cru, après mon deuxieme incident cardiaque (à 35 ans) que je m'en relèverai jamais. Et bien, comme dans la course, ce "retour au calme" s'avere constructif et peut etre meme dynamique. Et comme dans la course, je commence à croire que le negative split m'attend et que l'avenir sera meilleur que le passé.


Tout cela pour conclure en disant que la course, c'est la vie, que la vie est belle et donc que la course est belle. Encore une fois, vive la course à pied, vive les runners, et vive nos lecteurs.