JogBlog: carnet d'entrainements et récits de courses.

Objectif 2007: Marathon de Paris

vendredi 13 avril 2007

Alllllllllllllllllez !!!

Derniers jours avant LA course.
La tension monte comme à chaque fois (je fais appel à mes souvenirs bien sur...).
L'esprit nous rappelle qu'il est plus fort que la matière, et les petites douleurs s'installent partout. Mal aux jambes, aux cuisses, aux articulations, aux genous, aux tibias. Un sentiment de fatigue physique apparait aussi.
En meme temps, une légère fébrilité voit le jour; le coureur parisien a depuis plusieurs jours répéré le marquage au sol, la ligne qui signale le franchissement de chaque kilo. Depuis 24 heures egalement, la ligne bleue continue est présente, et la nuit en voiture à travers la capitale, on ne voit qu'elle.
Même si ça n'est pas un premier marathon, on a beau dire, la tension monte, c'est ainsi. Et si c'est le premier, n'en parlons pas. A une semaine de l'épreuve, la nuit, le runner rève de course à pieds.
Bref, au milieu de tout ça, faut penser à se preserver. Il est temps, sans discussion, de s'economiser, de faire "du jus" comme on dit.
Et puis, finalement, dimanche matin, reveil vers 5 heures 30 - 6 heures. Là, petit déjeuner à base de sucres lents, accompagné d'eau en abondance. Derniere préparation du paquetage, la maison est silencieuse. Pour ma part, à ce moment là, j'avais pris l'habitude de mettre à la télévision, en fonds d'ecran, le début de "Marathon Man", pas seulement pour le titre du film, mais aussi pour la course historique de Mimoun, fin comme une allumette et rapide comme une gazelle. Rien que ce moment, c'est du pur bonheur, j'en pleurerai.
Après, il est temps de sortir de la maison, et à cette heure-ci, le corps profite de la fraicheur matinale qui finit de reveiller definitivement le coureur. Montée en voiture, en route vers le départ. Pendant le trajet, la tete se vide progressivement, ou plutot se remplit de l'objectif (encore un moment génial, et à nouveau j'en pleurerai).
Enfin, arrivée au départ, entrée dans le sas, plus qu'un quart d'heure avant de partir, ça chauffe, rien à dire, il y a du monde, c'est toujours aussi impressionnant. La course, c'est un monde, un univers à part, et là, il s'offre en spectacle pour un instant de grace.
Attention, plus que 10 secondes, alllllllllllllez faut savourer, ça va partir (et la encore j'en pleurerai).
4, 3, 2, 1 et en route pour la Concorde, Rue de Rivolie, Nation, Vincennes, Dausmenil, Bastille, les quais, Boulogne, Avenue Foch.
A chaque kilo, des sensations differentes attendent le coureur. Mais croyez moi, pour celui qui a suivi la préparation adaptée et qui, dans sa tête, est pret, le meilleur, c'est les 2, 195 derniers kilometres. Du bonheur pur, parce que la machine fonctionne, elle tient le coup. Ca y est, pour un moment rare, le runner est récompensé de tous ses efforts. Y a rien de mieux au monde (et je pleure, et je pleure...).
LA LIGNE, elle est là, devant, et encore alllllllllllllllez y, sprintez, arrachez vous, c'est trop. Quand on passe le sas, on lève les bras, parce que oui, meme en 3 heures 30, en 4 heures, ou en 4 heures 30, on est champion du monde.
Et après, encore, on se le dit "C'est fait". Oui, ami coureur, exactement, et là tu pourras ajouter "Je suis marathonien".
Moi, j'en parlerai pendant des heures.
bref, tout est dit, sauf que j'attends avec impatience les comptes rendus de tous ceux qui voudront bien nous ecrire le lendemain de l'epreuve.
Profitez, c'est magique.
Et Jérome, au fait, arrete de nous prendre la tête, cours, termine, et reflechis pas.
Good Luck.

Des news

Tout d'abord ça ne s'arrange pas du côté des petits bobos. La douleur au mollet me fait toujours mal, j'espère toujours que je serais en état pour le départ de dimanche.
Sinon comme prévu je suis parti courir ce matin. Une sortie histoire de maintenir la machine dans le rythme. Comme je m'en doutais le résultat n'a pas été très concluant. J'ai eu l'impression de me trainer toute course.
Je commence à déprimer à l'idée d'aborder ce départ clodi-cloquant. Quoiqu'il en soit je serais dans mon SAS de départ, mon objectif est de tenir tant que je peux.
A samedi pour un petit point pré-course.